| III.
L'accès primaire S2/T2 |
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III.1
Description de l'accès primaire
Le réseau Numéris offre la possibilité de
raccorder des équipements informatiques et téléphoniques
par des liaisons multiplexées à 30 voies. L'abonné
à l'interface S2/T2 est soit un PABX soit un ordinateur.

L'accès
primaire, de débit 1984 kbit/s, offre :
* 30 canaux B à 64 kbit/s
* 1 canal D à 64 kbit/s.En accès primaire, rien
ne distingue physiquement le canal D de signalisation d'un canal
B. On retrouve, à l'intérieur du canal de signalisation,
l'ensemble des fonctions déjà décrites dans
le chapitre précédent, à savoir une procédure
de transmission de type LAP D et une procédure de signalisation
qui seront décrites dans le chapitre suivant.
Au niveau du canal B, le service offert par la couche physique
consiste à fournir 30 canaux B à 64 kbit/s. Notons
que les administrations offrent des canaux H regroupant un débit
de n fois 64 kbit/s.
Les canaux B à 64 kbit/s peuvent être de qualité
numérique, c'est-à-dire que le flot binaire reçu
est identique à celui émis par un correspondant
RNIS.
Le flux peut simplement être représentatif d'un signal
dans la bande de fréquence 300-3400 Hz (circuit de qualité
téléphonique). Les bits n'ont alors un sens que
si l'on reconstitue le signal analogique porteur du son ou d'une
modulation de modem.
Lorsque la transmission est dite de qualité numérique,
on peut faire remarquer que la transmission n'est pas seulement
une transmission de bits mais une transmission d'octets. Les frontières
d'octets sont en effet présentes dans le signal, car elles
sont indispensables pour reconstituer les échantillons
de la parole. Le réseau RNIS est en fait un gigantesque
réseau de transmission d'octets.
Le service rendu par la couche physique à la couche liaison
est donc un service de transport séquentiel d'octets.
III.2
La terminaison numérique de réseau ou TNR
L'interface T2 sépare la terminaison numérique de
réseau (TNR) du PABX (TNA) ou de l'ordinateur (TNA). La
TNR est fournie par France Télécom mais est localisée
dans l'entreprise, à proximité immédiate
du PABX en général. L'ensemble TNR et ligne de raccordement
est sous le contrôle technique de l'opérateur du
réseau de sorte que les moyens de transmission entre le
central de rattachement et le site client peut varier d'un endroit
à un autre, d'un système à un autre, et n'est
donc pas normalisé. La TNR est alimentée par le
réseau.
Le rôle de la TNR qui se présente sous la forme d'un
coffret est multiple :
* Elle régénère les signaux reçus
du réseau pour les présenter au client. Elle code
les signaux reçus du PABX à destination du réseau.
* Elle assure une isolation galvanique entre l'installation locale
et l'installation distante. Ceci permet à chaque installation
de disposer de sa propre terre et d'éviter les dommages
matériels ou corporels qu'entraîneraient des différences
de potentiel de plusieurs dizaines, voire centaines, de Volts
qui peuvent exister entre masses distantes.
* Elle assure une protection du site du client contre les surtensions
accidentelles provoquées par les orages ou les contacts
avec les lignes d'énergie.

La
distance entre TNR et PABX n'a pas besoin d'être très
élevée en général. La norme n'a donc
pas imposé de supporter un affaiblissement de plus de 6
dB. Avec les câbles préconisés, cela permet
une transmission sur 300 mètres environ. En fait, pour
accéder au souhait de l'administration de pouvoir assurer
des bouclages de ligne à des fins de test, cette distance
est limitée dans la pratique à 150 mètres.
III.3
La transmission T2
Les paires symétriques servent à transmettre l'information
à 2,048 Mbit/s. Le codage retenu en Europe est le code
HDB3.
Comme pour toutes transmissions de données sur support
métallique, le but d'un code en ligne est :
* de supprimer la composante continue du spectre de fréquences
du signal afin de pouvoir franchir des transformateurs,
* de réduire la bande passante nécessaire pour transmettre
le signal afin d'augmenter la portée sur le câble,
* de permettre de retrouver des transitions de signal efficaces
pour reconstituer une horloge chez le récepteur, celui-ci
permet au récepteur de prélever l'information à
la cadence à laquelle elle a été émise.Le
codage HDB3 a été choisi par les équipes
chargées de ce problème à l'UIT-T.
Dans le codage HDB3, les niveaux logiques "0" sont transmis
comme des niveaux 0 physiques (absence de tension). Les niveaux
logiques "1" sont transmis par des niveaux électriques
alternativement positifs et négatifs.
Ce code présente une difficulté. Si les séquences
d'information à transmettre comportent une suite longue
de 0 logiques, ceci se traduit par une absence de signal de longue
durée. Pour éviter ce phénomène, le
code HDB3 est accompagné de la règle suivante :
le dernier bit d'une suite de 4 bits à zéro est
codé comme "1" logique mais avec une polarité
inverse de celle définie pour "1" véritable.
Cette règle de viol de la loi de bipolarité introduit
un risque de génération de composante continue puisque
les impulsions différentes de 0 ne sont plus alternativement
positives ou négatives. Il faut introduire une compensation
à ce défaut. Ceci est fait en imposant au premier
bit de la séquence de 4 bits d'être nul, positif
ou négatif selon deux critères :
* que ce bit soit bien un viol de bipolarité pour que l'on
sache qu'il s'agit bien d'un 0 et non d'un 1
* qu'il contribue à annuler la composante continue.
III.4 La structure de la trame
Le code HDB3 permet donc, au prix de mécanismes un peu
complexes, de transmettre une suite de bit quelconque. Il faut
maintenant organiser cette suite en une trame permettant :
* d'identifier les octets,
* d'identifier le début de la trame, c'est-à-dire
de cadrer la suite d'octets pour pouvoir identifier quel objet
correspond à la voie 0 ou 1 ou 2 ... ou 31La trame à
2,048 Mbit/s est organisée en trames de 32 octets (32 IT)
repérée de 0 à 31.
L'IT 0 de chaque trame impaire transporte un mot de verrouillage
de trame qui sert pour l'extrémité réceptrice
à récupérer le cadrage en trame. L'intervalle
de temps (IT) 0 de chaque trame paire peut être utilisé
pour transmettre d'autres signaux (par exemple des alarmes).
L'IT 16 est réservé au transport de la signalisation.
Les IT de 1 à 15 et de 17 à 31 sont affectés
au transfert de l'information (parole/données).
III.5
Les canaux H
La trame décrite précédemment permet de véhiculer
31 canaux d'informations à 64 kbit/s, dont un est consacré
au transport de la signalisation (canal 16). Il est tentant pour
certaines applications d'associer plusieurs canaux à 64
kbit/s pour former un canal de plus grande capacité. Ces
canaux sont désignés par la lettre H. Plusieurs
débits sont précisés par la norme :
canal H0 à 384 kbit/s et canal H1 à 1920 kbit/s.
Ces canaux sont constitués à partir de canaux B
désignés très précisément par
la norme UIT-T. La réalisation pratique de ces canaux se
heurte cependant à des difficultés quasiment insurmontables.
Les rares réalisations connues sont basées sur des
dispositifs externes au RNIS. De tels dispositifs ont pour but,
à partir de canaux à 64 kbit/s établis indépendamment,
de reconstituer un seul canal à n fois 64 kbits/s. Les
applications envisagées concernent essentiellement la visiophonie.

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